23
Mar
10

Bonne fête Marcelle

Chère Marcelle, bonne fête . Je vous trouve bien fine .
C’est bien l’fun . Bonne fête et joyeux anniversaire car c’est un grand jour .

01
Fév
10

la chambre des joueurs

M’ennuie de la chambre des joueurs . La seule vraie place maintenant que sont disparues les tavernes où on peut se retrouver entre gars et se dire les vraies affaires .
Mardi passé, j’ai vu partir le ti crisse de gars en forme d’en bas avec son équipement de hockey . Ça m’a tourneboulé pas à peu près de le voir accomplir ce rituel que je vivais fébrilement dans le temps : Ouvre la valise du char . Garoche le sac d’équipement dans la valise . Ferme la valise . Ouvre la portière conducteur . Mets le contact et shifte direct vers l’aréna .
Me sont revenus en tête ces beaux moments que j’ai vécu à l’époque où je pouvais sans effort me taper 3 games de hockey et 2 games de ballon-balai par semaine . Sti que j’étais en forme . Dire qu’ y a des fois maintenant où sortir les vidanges m’épuise .
Mais outre mon athlétique condition de l’époque, ce qui me manque surtout, c’est cette rituelle communion avec les boys .
Un coup entré dans la chambre des joueurs, je savais que je venais de pénétrer dans un autre monde . Un monde ou les conventions prenaient une tournure toute anarchique . Magiquement, cette entrée dans la chambre des joueurs nous téléportait dans un univers parallèle .
N’existait plus Bobonne qui trouve que tu devrais finir les rénos au sous-sol et que t’as oublié de sortir les vidanges la veille et que t’as encore mis tes chaussettes à l’envers dans le panier à linge sale et que t’as pas baissé la lunette après avoir pissé et que « tu me laisses encore toute seule avec le petit (même quand celui-ci dort déjà) pour aller à ton maudit hockey . »
N’existait plus ce con de boss qui te donne un ordre absurde et que tu dois exécuter comme si c’était l’idée du siècle . Et n’existaient plus non plus ces lèche-culs de « camarades » de travail qui trouvent que l’idée saugrenue du boss est géniale .
Et n’existaient plus toutes les emmerdes de la vie en général .

Seuls comptaient une fois entré dans le sanctuaire, les boys . Les boys qui traînaient fièrement leur sac contenant leur attirail de guerrier avec en mains l’arme qui leur servirait à terrasser l’ennemi: leur bâton de hockey . Ces boys qui se prêtaient à ce jeu guerrier tout en demeurant conscients ( sauf rares exceptions) que l’adversaire était leur vieux chum ou en ce qui me concerne, leur frère .

On avait du plaisir sur la glace en se faisant « acroire » que Guy Lafleur aurait pas garnoté aussi précisément et que la passe direct sur la palette était d’une telle précision qu’elle aurait fait rougir Wayne Gretzky . Sti qu’on était hot !
Mais pour moi ce plaisir sur glace n’était que le prélude au vrai plaisir . Ce plaisir de se retrouver avec chacun en tête la certitude qu’on avait joué un match mémorable et de se partager ça tout en se dévêtant de notre équipement . Et à l’époque, y’avait toujours une caisse de 24 dans le vestiaire . D’aucuns, dont moi en sirotaient une avant la douche . Le tout accompagné de cigarettes (Non, On était pas moumounes dans le temps) . Et on se remémorait nos bons coups du match . Et on se confiait des choses qu’on osait plus dire à Bobonne sur l’oreiller . Et on s’en décapsulait une autre . Et on en rigolait un bon coup dans cette atmosphère certes empestée par les rots et les pets désinvoltes des protagonistes mais empreinte de toute cette franche camaraderie qui amenait tous et chacun, peu importe leur statut ou leur profession à échanger d’égal à égal : De bons cro-magnons pure race .
Ouais! C’était le bon temps .

Maintenant, ne me reste plus comme exutoire des soirées dînatoires en compagnie de bons gars qui apprécient la profondeur de mon propos et la finesse de mon humour ( le coup de l’abat-jour sur la tête les fait crouler de rire) mais on dirait que les femmes ne saisissent pas le degré mettons .
Peuvent pas comprendre car elles n’ont jamais mis les pauvresses les patins dans la chambre des joueurs .

20
Jan
10

Hommage à Samuel Blémûr .

Je suis triste de toute la merde qui a déferlé sur Haïti . Et j’ai été triste de cet ignoble génocide au Rwanda . Et j’ai été triste de cet aussi ignoble génocide cambodgien . Le tsunami qui s’est abattu y’ a cinq ou six ans sur le sud-est asiatique m’a attristé itou . L’effondrement du World Trade Center m’a attristé . Et l’incessant bordel guerrier qui gangrène présentement plusieurs pays d’Afrique m’attriste . Sans compter l’Afghanistan et l’Irak où les espoirs de paix semblent si dérisoires .
Et toutes ces catastrophes, qu’elles soient provoquées par des  » acts of god » ou par des « sons of a god », me rendent triste .
J’ai vu récemment « Apocalypse », série télévisée relatant la dernière grande guerre mondiale et ça m’a encore attristé . Je suis sûr que si on avait pu saisir des images du massacre des saints innocents (c’est vrai les jeunes, c’est écrit quequ’ part dans la bible) que j’aurais visionné le tout avec une profonde tristesse ( me reconnaissant en plus comme un des leurs) .

Mais ces tonnes de merde qui ont déferlé sur notre humanité ne m’incitent heureusement pas qu’ à la tristesse . Que non batinsse ! Me la pèterai pas sur le plancher en criant  » pourquoi? » . Je ne laisserai pas la tristesse me tenailler douloureusement les tripes . Que non batinsse . (Batinsse que j’aime ça écrire batinsse . Me semble qu’après tant d’années j’ai trouvé le juron à ma mesure . Batinsse d’oncle Bob ! Je trouve ça beau comme un  » Simonac de cibouère  » que proférait à hue et à dia Sartre selon un biographe très peu connu que j’ai eu le privilège de lire en édition limitée .)
Ces cataclysmes, aussi tragiques soient-ils ne me donnent qu’une seule envie : l’envie de rigoler un bon coup . Car la vie continue .

Alors, laissez moi vous raconter la première fois que j’ai rencontré un haïtien en chair et en os .
1965 . J’étais en 9ème année . Assez fraîchement arrivé dans la grande ville, je m’étonnais encore de tout ce qui pouvait m’arriver et de ce que je pouvais découvrir en une seule journée malgré le cadre restreint de l’école . Alors que mes parents se remettaient à peine du choc d’avoir eu à déménager à Montréal trois ans plus tôt, moi dès le premier jour, je me suis senti heureux comme un frisson dans le dos ( perronisme ou bérubisme(*) ici . Merci ) dans cette grande métropole . Je savourais Montréal et tous ces gens si pittoresques . Des gens qui parlaient anglais pour vrai, moi qui n’en avait entendu qu’à la télé parce que mon père nous imposait une fois la semaine le « Don Messer’s Jubilee » au canal 6 . Et rarement des gens avec la peau noire, moi qui ne connaissais auparavant que « Petit Nimus » interprété à la télé par Lionel Villeneuve maquillé en noir et celui de la page couverture de « Tintin au Congo » .
Mon prof de français, en cette 9ème année scolaire, s’appelait Samuel Blémûr . Un haïtien pure canne à sucre . Imaginez qu’avec un tel nom et la couleur inédite de sa peau, d’entrée de jeu il fît s’esclaffer tous les nonos de sa classe .
Méchants comme peuvent l’être les enfants, les allusions désobligeantes ont fusé assez vite . Je n’étais pas de ceux qui niaisaient irrespectueusement Monsieur Blémûr mais j’admets avoir ri comme un épais .
Ce Monsieur Blémûr avait de la couenne . Aux niaiseries de ses élèves qu’il savait innocentes, il répliquait par son tonitruant rire de dents aussi blanches que ses globes oculaires qu’il avait plutôt démesurés . Car Monsieur Blémûr nous enseignait toujours le français en rigolant . Il semblait toujours joyeux . J’imagine avec le temps que ses rires devaient souvent camoufler sa tristesse .
Brave Monsieur Blémûr .
L’année avançant, on s’est habitué à l’aspect particulier de notre prof de français et petit à petit, le nègre hilarant du début de l’année est devenu tout simplement Monsieur Blémûr notre bon prof de français .
Et cette année là, on a pété des scores . Moi en tout cas, j’ai « performé » . Faut dire que j’aimais déjà les cours de français depuis l’année précédente que j’avais passé avec un autre sacré rigolo mais tout blanc celui-là : Anastase Desrochers . (lui aussi je lui rends hommage même si comme Monsieur Blémûr, je le devine trépassé)

Monsieur Blémûr, grâce à vous, j’ai appris outre le plaisir d’apprendre le français (sauf la ponctuation qui me donne encore et toujours de la misère) à considérer les noirs comme mes égaux ( dans votre cas, comme un héros) . Ça fait qu’aujourd’hui, plus de quarante ans plus tard, même lorsque j’en rencontre trop souvent des désagréables dans le métro, je ne me dis pas « sale nègre » mais plutôt : »sale con » . Pour moi, la bêtise n’aura jamais de couleur grâce à vous Monsieur Blémûr .

P.S.- Outre mon vingt piasses à la Croix Rouge, c’est tout ce que je peux faire batinsse .

(*) Bérubisme : Perronisme de ma nièce par alliance qui ne cesse de recréer le genre .

13
Jan
10

Que non le Wii ! (Greg est revenu)

Me souviens plus exactement quand au juste mais c’était quelque part à travers la déferlante de partys auxquels je fus convié dans le temps des fêtes . Ça se passait chez mon frère Réal et sa conjointe Louise . Pour l’occasion, ils avaient invité toute la smala Bouchard à célébrer . Mais pas de jeunes . Non grata les neveux et nièces pour cette soirée . Y’ont même réussi à décroûter pour l’occasion leur grand feignant du sous-sol en lui offrant 20 piasses pour qu’il aille se paqueter la fraise avec ses chums .
Et bons coeurs, nos hôtes convièrent leur voisine esseulée d’en face, Mme Charrette à se joindre à nous .
Belle brochette d’invités assurant me disais-je une réussite totale de belle atmosphère du temps des fêtes .
Évidemment que j’ai apprécié cette familiale réunion malgré l’intruse mais …mais batinsse que le monde savent plus fêter comme dans le bon vieux temps en chantant Minuit Chrétiens et la danse des canards coincoin et en giguant sur la musique de la famille Soucy, après avoir donné une claque sur les fesses de la cuisinière aux fourneaux puis s’engueulant Canadiens-Nordiques et terminant le tout en vomissant solide dans ou à côté du bol à punch .

Révolu ce temps . Car aujourd’hui, la tendance veut qu’un party des fêtes réussi est un « Wiiparty » .

Faut admettre que cet appareil Wii offre d’infinies possibilités de divertissement . Le « Wii bowling », le « Wii surf », le « Wii parachute », le « Wii bricolons un patio de piscine en phentex », le « Wii tricotons un pull en bois traité », le « Wii Ja » mais ça c’était plate parce la foutue table a jamais levé . Et finalement le Wii qui m’a personnellement désarçonné, voire embarrassé : le « Wii embrassons nous sous le gui » consistant à embrasser un ou une partenaire de sexe opposé sous le gui . Ce jeu se joue en couples . Pour l’occasion, on avait déposé dans un chapeau le nom des mâles et dans un « tuperware » celui des femmes . C’était un peu compliqué parce qu’il y’ avait une femme de trop . Outre les cinq couples, y’avait moi le vieux garçon, ma soeur Lucie la vieille fille et Madame Charrette . Fait qu’on a voté et unanimement sauf un, il fut décrété que Louise ne jouerait pas car y’avait le lunch à préparer, on avait une tite faim . Moi, j’aurais pourtant aimé avoir la chance de me trouver jumelé à cette plantureuse belle-soeur . Me semble que j’aurais plutôt éliminé une de mes trois soeurs . Moi, embrasser goulument mes soeurs, pas trop trop . C’est comme embrasser sa soeur tsé .
Et la pige qui s’ensuivit me fut encore plus fatale que s’ il fut décidé que je doive embrasser une de mes soeurs . Le hasard ce fripon fît que pendant que ce veinard de Jean-Yves le beauf était jumelé à ma soeur Lucie, laquelle il reluque depuis longtemps le cochon, je fus contraint de participer au jeu avec Madame Charrette .

Le jeu consistait à s’embrasser sous le gui en pointant les manettes vers l’écran . Celui-ci nous révélait prodigieusement le degré d’intensité de ce baiser « subguiesque » . Et encore une fois, ce fieffé hasard fît que le dernier couple de participants était celui formé de Madame Charrette et mézigue … Ça a mal tourné .
Pas ma faute . C’est madame Charrette qui a tout fait déraper .
On s’est installé sous le « Wii Gui », elle et moi et sitôt les manettes pointées vers l’écran, nous nous sommes embrassés . Misère ! J’avais sous-estimé le pouvoir de mes lèvres . Sitôt entamé le « Wii baiser », les lumières ont baissé et l’écran de la télé s’est mis à faire des flammèches puis tout à coup : « Paf » . Les plombs ont sauté de trop d’intensité et on s’est tous retrouvés dans le noir absolu .
Constatant la catastrophe, j’ai pitché ma manette et ai tenté en vain de me défaire de la bouche avide de mon intense partenaire de jeu . Rien à faire . Celle-ci ne retenant plus sa pudeur vu l’obscurité ambiante redoubla d’ardeur en m’arrachant sauvagement les amygdales et tricheuse se mît à fureter de ses mains lubriques direct dans mon pantalon . J’étais assez mal à l’aise mettons .
Je me débattais autant que faire se peut en la repoussant de mes deux mains sur sa poitrine (qu’elle a d’ailleurs généreuse) mais la féroce compétitrice se révélait plutôt déterminée à remporter cette compétition de « Wii embrassons nous sous le gui » .

Pendant que je percevais que tout le monde semblait s’affairer à rétablir le courant et étant conscient d’avoir perdu mon pantalon et que madame Charrette me semblait par quelque tour de magie assez dévêtue, je décidai de faire contre mauvaise fortune bon coeur en prenant les grands moyens pour que cesse au plus sacrant cet embarrassant jeu . Ma tactique fonctionna car en moins de deux, madame Charrette se mit à hurler Wiiiiiii oh Wiiiiiiii oh Wii oh Wii oh Wii que c’en était un peu gênant car je savais mon alentour soudainement immobile et se calissant de trouver les fusibles . Y’ avaient du fun les « non voyeurs » qui se repaissaient de ce qu’ils entendaient les pervers .
Et tout à coup, les lumières se sont rallumées et la télé affichait le message « Tilt » .

Puis soudainement, en sueur et le coeur palpitant, je me suis réveillé . Quel rêve ! Mangerai plus jamais de bûche de Noël avant de me coucher .

09
Jan
10

Lhasa (Ta yeule Greg )

Un m’ment donné dernièrement, Lhasa De Sela est morte . En ce qui me concerne, elle ne pouvait choisir pire moment pour trépasser, vu que je file pas trop trop pour cause d’excès festifs . Cure de  » bon gars » pour oncle Bob : « pas d’alcool, pas d’tabac » . À part un petit verre de rouge aux repas sauf le déjeuner où je sirote du café car je n’ai toujours pas réussi à dégoter un cru apte à se marier aux Honeycombs . Ça fait huit jours que ça dure dur, très dur .
Mais ça fonctionne car je me sens physiquement tout regaillardi . C’est rendu que je fais ma vaisselle à chaque jour et que je fais mon lit à tous les matins . J’ai même sorti les vidanges mardi . J’aurais bien voulu déneiger mon escalier mais ma voisine de palier est plus vite que moi . Quand j’ai protesté en disant que c’était à mon tour, elle m’a dit de laisser faire car ça lui faisait plaisir de s’adonner à ce vigoureux exercice la boulote . Je gage qu’elle doit être une de ces toutounes que je vois régulièrement monter l’escalier du métro au lieu d’emprunter l’ escalator comme qu’on dit . Ce qu’elles sont vaillantes ces toutounes qui s’imposent ces lourds sacrifices afin d’ espérer un jour devenir des modèles de femmes de magazines . Ces mêmes femmes de magazines dont je me fous tellement . Oncle Bob ne trouve physiquement les femmes belles qu’à travers leurs « imperfections » . Y’a des femmes qui portent la culotte de chfal plus dignement que n’importe quelle cover girl ne porte le slip . Y’a des femmes à la poitrine lourde qui interpellent mon oeil avide de beauté plus que n’importe quelle paire de totons de toutes ces nénettes que je croise dans le métro et qui me présentent effrontément leurs protubérances relevées à grandes injections de silicone et sinon de « push up bras » . Oncle Bob s’émeut des pattes d’oie et des joues légèrement affaisées et se révèlerait plus enclin à suivre un ordre du double menton, même du triple qu’au simple . Bin pour dire .

Foin de cette digression qui m’a fait perdre un peu de l’essence de mon propos qui se voulait un exposé de mon état personnel en cette semaine de deuil lahsaesque .

Car en cette semaine où je cuvais, je me suis adonné à la lecture de la déferlante d’indignation qui a envahi Facebook suite aux niaiseries du Lacroix qui n’en était tout de même pas un Vincent . Je vous aime mais vous m’avez tellement tanné .
Que d’importance vous avez apporté à ces insipidités . Moi, je m’en fous qu’un plouc étale son ignorance sur les ondes . Je le prends pas personnel . Après tout, on entend et on lit à l’échelle provinciale par exemple, sévir des Mario Dumont, des Jean-Luc Mongrain, des Richard Martineau et autres démagogues à tous les jours qui déblatérent allègrement sans nous faire à peine sourciller .
Moi, je pense sincèrement que Lahsa serait pas fière de vous . Cette Lahsa qui s’est toujours évertuée à ne pas cultiver le culte de la veudette . Hé bien quoique sincèrement mais maladroitement, vous l’avez cultivé pi hersé pi biné pi labouré à foison son veudettariat . Votre indignation mêlée à ma « sevraison » m’a amené à toutes sortes de transes qui se sont heureusement transformées en mutisme total . Je vous trouvais franchement tannants .
Me semble que Stephen Harper nous fournit plein d’arguments pour exiger des excuses . Ou si on veut demeurer dans le milieu artistique, ne devrait-on pas exiger des excuses d’Éric Lapointe et de Céline Dion de nous déconcrisser les oreilles à longueur de Cité Rock Détente parce qu’on a pas le choix, ça joue partout ?

Alors, pour moi, Lahsa a été l’espace de « Living Roads » de la douce musique à mes oreilles . Rien de plus, rien de moins . Elle eût été une tite grosse mongole avec un coude dans le front que je m’en serais contrecrissé . C’était juste beau ce que j’entendais . Et je suis sûr que c’était là son but . Nous livrer son âme à travers sa voix .

Bin voilà, mon antiveudette Lahsa se contrefout aujourd’hui de toute l’enflure qu’a pu provoquer sa mort . Mais j’ose espérer que tous mes amis qui l’adulaient, ceux qui m’importent en somme, considéreront que la présente se voulait juste ma manière à moi de … ah pi Con Toda Palabra !

19
Déc
09

De l’art du savoir vivre

Misère ! Je sais plus vivre . Le bon vieux Bob qui était toujours partant pour un souper en gang chez Daou avec Mackrous et Sansregret, un week-end de rafting sur la Rouge avec Gaétan et les amis fifs d’Hébertville, une virée de golf avec son chum André à l’Ile-Du Prince-Édouard, un canot-camping débridé avec ses trois mongols de frères, sans compter toutes les folleries accomplies avec la pas reposante qui pendant 14 ans l’a amené à sillonner les plages de Californie et celles du Portugal en plus de celles de la rivière Gentilly, et encore dernièrement à manger du bonheur à pleines dents en vacances à l’Ile Aux Coudres avec son frère Réal … et sa femme (Y’a rien de parfait), et qui depuis peu respire la joie de vivre en usurpant l’espace de ses voisins d’en bas, se questionne sur le sens qu’emprunte sa vie .
Car la vie de Bob se résume bien trop souvent depuis l’intrusion dans sa vie d’un ordi à la virtualité . Attrayante virtualité certes qui lui a permis de se créer des amitiés sincères tout en demeurant assis sur son steak et en sirotant allègrement ses trop nombreuses tites bières qui s’enfilent si facilement entre deux ou trois interventions « facebookiennes » .
Or, voilà t’y pas qu’en ce vendredi 18 décembre, je m’étais invité à visiter le vrai monde en conviant ce bon vieux William (le hamster de Facebook) à un 5 à 7 dans un bar branché de Rosemont .
Pensez vous que j’ai trinqué avec l’ami William ? Que nenni ! J’ai réussi à scraper notre rendez-vous en m’éclipsant d’une manière trop précipitée selon les standards modernes une demi-heure après l’heure convenue .
Pourtant, ayant eu l’opportunité d’échanger avec le poseur de lapin présumé, celui-ci s’est présenté au rendez-vous à une ou deux minutes près de mon départ .
J’ai vraiment plus de talent pour la vraie vie . J’ai réussi à bousiller une occasion de vivre une vraie amitié de gars qui trinquent en se bullshitant des âneries tout en se mirant dans le décolleté de la waitrisse . Bien, à vrai dire, le programme aurait été modifié quelque peu et la teneur de nos propos rehaussés car William s’est pointé semble t-il au bras de la belle Catherine .
Double misère !

Si l’esprit des Fêtes vous donne le goût d’échanger avec oncle Bob, ne l’invitez pas à partager vos agapes . Ne lui téléphonez même pas, il délèguera son répondeur pour entendre vos messages . Vous ne le joindrez qu’à une seule adresse : Facebook .
P.S. – Si vous lui aviez acheté des cadeaux, il apprécierait que vous les lui expédiez via la poste .
Joyeuses fêtes .

13
Déc
09

Conte de Noël

1965 . L’année où mon père s’est payé son premier char neuf . Une grosse Pontiac Strato Chief bourgogne . Quel char ! Je n’en ai depuis jamais vu de plus beau . Ce que j’étais fier de voir stationné dans notre cour un si imposant bolide . Imaginez mon orgueil lorsque je me retrouvais, même assis sur la banquette arrière aux côtés des achalants Loulou et Réal, celle de devant étant réservée hormis mon conducteur de papa à maman et aux bébés Lucie et Nicole pas de ceinture car dans ce temps-là on était pas des moumounes, de sillonner les rues et les routes sur lesquelles nous doublions de vulgaires Ford Fairlane, Plymouth et autres tacots . Déjà taquin à 14 ans, j’en profitais pour faire aux doublés de vilaines grimaces, le bras d’honneur que ceux-ci auraient mérité m’étant inconnu en ces temps où je croyais que dire « maudit » s’avérait un blasphème m’emmenant tout droit en enfer .

1965, c’est trois ans après l’arrivée de la smala Bouchard dans la grande ville . Tranquillement, on se « métropolisait » . On avait perdu notre accent de colons de Cap-Santé en apprenant à dire « balaîne » au lieu de baleine, « pôteau » au lieu de poteau et « garâge » au lieu de garage . Tout ça en assimilant le roulage du R . Faut spécifier qu’on avait abouti à Longue-Pointe dans l’est . À Outremont dans l’ouest, ça savait « perler » comme il faut . D’ailleurs, je réalise qu’après tout ce temps, ma famille a réussi à équilibrer habilement son langage en s’exprimant dans un français international québecois montréalais canadien d’Amérique du Nord français .

24 décembre 1965 . Le ti cul que je suis ne se peut plus d’être excité car ce soir est le grand soir . Encore une fois, mes parents nous gâteront en nous inondant de cadeaux . Enfin, quand je dis inondation, je parle pour les 8 enfants . Car mes parents ne réservaient individuellement à leurs enfants que le filet d’un ru signifiant un seul cadeau . Mais quel cadeau . Y’avait du génie dans le don de mes parents à trouver Noël après Noël, la bébelle qui comblait de bonheur chacun de leurs 8 marmots .
Mais en ce 24 décembre 1965, vraiment en ce qui me concerne, ils se sont surpassés .

En cet après-midi du 24 décembre, exalté que j’étais par l’atmosphère de Noël, mon coeur débordant d’ amour au point d’en oublier d’emmerder ma soeur Loulou et de faire chier mon petit frère Réal (Question d’ hiérarchie, pendant ce temps, mes aînés Yvan et Michel m’ écoeuraient constamment . Quant à Denise le chouchou à son papa, personne n’osait même la regarder de peur que celle-ci clame l’agression valant du coup l’instantanée et redoutable riposte paternelle . Quant aux bébés Lucie et Nicole, on s’en souciait pas vraiment . Leur tour viendrait bien qu’on se disait ), je me demandais ce que je pourrais faire qui transporterait de joie mes adorés parents .
N’ayant pas d’argent qui m’aurait permis de leur acheter tous ces monuments qui émerveillaient mes yeux d’enfant :le Taj Mahal, la tour Eiffel, les pyramides égyptiennes et la grosse orange Julep qu’ils auraient bien mérités, je cherchais comment les gratifier de mon amour .
L’eureka survint vers la fin de l’après-midi . Je venais de trouver l’idée qui ferait du même coup plaisir autant à papa qu’à maman .
Pour maman, je lui ai offert le plaisir d’aller jouer dehors, ce qui en faisait un de moins à l’achaler en tournant autour des plats qu’elle nous cuisinait amoureusement . Me semble qu’elle était contente .
Et pour papa, à vrai dire, ça n’a pas été un franc succès . Pas de ma faute .
Faut que je vous dise qu’en ce 24 décembre 1965, l’hiver se faisait doux . Le thermomètre oscillait et branlait dans l’manche entre 30 et 33 degrés à l’échelle Farenheit . Ce qui en Celcius d’aujourd’hui équivaut à +1 et -1 . Le sol était recouvert d’une couche d’asphalte et aussi de gazon jaune-gris . Le seul blanc que nous offrait le décor s’étalait sur la corde à linge où maman avait étendu les couches des petites et les camisoles de papa .
Or, je décidai de faire cadeau à papa d’un « carwash » gratuit . Vu que le boyau d’arrosage n’était pas remisé, évidemment que je me suis dit qu’il n’avait pas été laissé là pour rien . Je m’en suis emparé et ai entrepris de laver le beau Strato Chief de mon papa à moi .
Misère ! Au fur et à mesure que je frottais, une couche de glace se formait. Je bombardais aussitôt celle-ci d’une bonne giclée d’eau la faisant fondre mais elle réapparaissait tout aussitôt en une glace aussi vive enveloppant entièrement la carrosserie de la Strato Chief et surtout, surtout la cour au complet . En moins de deux, j’avais certes donné l’impression que l’auto de mon père rutilait d’une bonne couche de Simoniz mais j’avais fait de la cour une immense patinoire . Pendant je ne sais combien de longues minutes, conscient de mon énorme gaffe, j’essayais de réparer celle-ci . Arrosage-fonte- glaciation,arrosage-fonte-reglaciation . Je ne m’en suis jamais sorti .
Mais cette bourde que je croyais tragique m’a donné le plus beau cadeau de Noël que je n’aie jamais eu . Ce cadeau, c’est la face de mon père qui sort pour constater le dégât et qui tout en secouant la tête se disant sûrement intérieurement « Ti nono » m’a gratifié d’un miséricordieux sourire qui signifiait pour moi : « T’en fais pas ti gars.Je sais bien que tu voulais me faire plaisir »

Jamais je n’oublierai l’année 1965 car j’ai reçu coup sur coup mes deux plus beaux cadeaux de Noël . Parce qu’en soirée, mes parents m’ont offert ma première guitare . Mais au son de mes premiers « désaccords » me semble avoir vu disparaître le sourire indulgent de papa .




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