J’aime bien le saxophone . Cependant, je hais les saxophonistes . Et je hais Stanley Péan qui aime les saxophonistes plus qu’ il n’aime le saxophone . Comme mettons que j’aime les chars mais je hais les vendeurs de chars et Stanley Péan adore se faire rouler dans la farine dans le showroom (est-ce que par hasard, la farine lui permettrait de camoufler quelque chose ?) par un vendeur de chars .
Pourquoi donc Oncle Bob est-il fâché avec le cuivre et l’ébène en même temps . Le cuivre et l’ébène s’avérant pourtant des matériaux plutôt nobles que façonnèrent avec bonheur d’émérites sculpteurs dont je ne peux vous livrer les coordonnées car la sculpture je n’y connais rien et que je trouve ça poche de zigonner avec des ciseaux et des marteaux alors qu’ en utilisant sur une toile des pinceaux et de la peinture, on obtient facilement le même résultat pictural et que c’est beaucoup plus pratique de transporter un Gaugin qu’un Rodin .
Alors, je délaisse la troisième personne afin d’affirmer que je suis fâché . Oui, je suis en furie car à tous les soirs de semaine à mon retour du travail, alors que je n’aspire qu’à me détendre après avoir passé une rude journée au boulot, je me livre à ce lénifiant rituel consistant à résoudre les mots croisés de La Presse tout en écoutant Expace Muzique . Au programme à cette heure, y’a le jazz avec Stanley Péan . Règle générale, celui-ci me livre un produit équivalant à mon désir d’entendre des choses douces . Seulement des choses douces pour ne pas perturber le travailleur qui n’aspire qu’à décompresser .
Sauf que Stanley l’ énervé tripe sur les saxophonistes . Ce qui l’allume le Stanley, c’est quand un saxophoniste nous prouve qu’il en est un maudit bon en faisant déferler des tonnes d’arpèges variant de 12 octaves en un seul souffle . De quoi déclencher une alarme antivol de char d’assaut . Calvaire ! C’est pas beau . Ça m’agresse ces exercices de style qui étant donné que la plupart du temps, c’est interprété “live” nous font entendre l’euphorie s’étant emparé des spectateurs ébahis qu’un gars puisse faire ça avec son instrument comme s’ils assistaient non pas à un concert mais à un show de chiens savants . Moi, ce que je veux, c’est de la musique . Pas un numéro de cirque batinsse .
Fa que là je m’empare de la “radiocommande” et bouillonnant, j’enfonce la touche “off” et me résigne à poursuivre mon cruciverbeux exercice au son du grondement sourd du compresseur de mon frigo et de mes dents qui grincent de colère et de frustration . Maudit Stanley Péan à marde !
J’en entends déjà me suggérer pour m’éviter de m’énerver de me mettre un bon CD de Fausto Papetti ou de Kenny G . Voudrais bien car je possède la collection complète de l’oeuvre de ces deux grands virtuoses de la anche non fracturée mais je ne peux pas car la fonction CD de ma mini-chaîne est brisée . Et étant un homme résolument de son temps, je n’ai évidemment pas de I Pod pour brancher sur mon système de son .
“Alors, syntonise un autre poste imbécile” vous entends-je rappliquer . Pas question . À l’autre chaîne de Radio-Canada, y’a le blabla de Desautels qui débat sur des sujets que je connais déjà ayant lu ma bonne grosse Presse d’amour, le tout entrecoupé de bulletins météo qui nous informent qu’il pleut alors que de ma fenêtre, je peux le constater en silence et de rapports de circulations qui ne me concernent foutrement pas moi, usager du transport en commun depuis que je suis haut comme ça . Et y’a le “cool” Couleur Jazz qui, outre ses choix musicaux pour matantes de Laval adeptes du festival me fait subir la pire des agressions radiophoniques qui soit : de la pub ! Même teintée de fond jazzy, une pub de Brault et Martineau, ça demeure pour moi une sauvage et intolérable agression . J’en veux pas de TV HD 92″ .
J’endure tout ça depuis longtemps et n’avais jamais ressenti le besoin de vous faire partager ma frustration . Pourquoi aujourd’hui ? Parce qu’après avoir muselé l’amateur de saxophonistes, n’aspirant qu’à entendre le doux ronronnement de mon frigo, v’là t’y pas que les voisins d’en bas ont fait un boucan d’enfer . Éberlué étais-je car il n’était que 18:40 et le son particulier de ce ramdam me semblait impossible vu que Mathis devait selon l’horaire établi être en train de prendre son bain .
À l’oreille, j’ai dû me rendre à l’évidence . Mes proprios ont changé leur routine . J’imagine que le petit est déjà couché ce soir car les sons qui agressent mon ouïe n’aspirant qu’à la sérénité d’ une Barbote de Schubert me semblent assez semblables à ceux que me faisaient subir mes anciens voisins de la rue De Gaspé, ces chauds lapins dont j’ai relaté les extravagances jadis .
http://onclebob.wordpress.com/2009/04/08/mes-voisins-den-dsous/.
M’en sortirai jamais . Après les agressions saxophoniques, les agressions sexophoniques .
(*) Je ressort mon bon vieux Greg en anglais SVP ….bin oui : No Access !