Archive pour août 2009

29
août
09

L’allée des huissiers

L’allée Des Huissiers est comme l’indique son nom, une allée . Mettons que c’est large comme une ruelle standard de Montréal moins 2 ou 3 pieds . À l’oeil . Croyez moi . Mon arrière-arrière grand-père maternel était arpenteur géomètre (ce qui à l’instar des livreurs de pizzas n’était pas commun à l’époque ) . Or, mon bagage génétique ne saurait mentir .
Pourquoi cette allée est nommée ” Des Huissiers” ? Mes ancêtres s’étant désintéressés de la toponymie, fouillez moi . Je lance à tout hasard l’idée que c’est peut-être parce qu’elle longe le Palais de Justice mais je spécule .

Cette allée parsemée d’arbres chétifs et de beaux bancs en marbre à tous les 9 pieds 2 pouces ( mon ancêtre serait fier de moi ) traverse de Notre-Dame à St-Antoine l’espace compris entre l’actuel Palais de Justice au mur aveugle menaçant et l’ancien qui s’avère aujourd’hui le nid douillet de Tony Caruso . C’est-à-dire, l’édifice abritant le service des finances de la ville de Montréal où comme je vous l’ai déjà mentionné, je travaille à botter le cul de Tony de l’autre bord de l’allée Des Huissiers .

À chaque matin, rituellement je vais chez Van Houtte y quérir mon café tout en n’omettant pas de gratifier la jeune fille qui me sert le chaud breuvage (tel que stipulé sur le verre !!! ) d’un tonifiant et sympathique ” Merci, bonne journée” qui semble la remplir de bonheur pur .
Sitôt ma joie répandue dans le Van Houtte, je me dirige vers mon banc de l’allée Des Huissiers, le huitième à partir de Notre-Dame et m’y assieds en position ” Penseur de Rodin ” mais avec les deux coudes . Ce qui donne la position du ” Chieur de Rondins ” .

Là, j’ai une belle grosse demi-heure pour me détendre en buvant mon café et en fumant deux et parfois trois clopes . Cette détente est devenue un passage obligé pour l’humble mais vigilant fonctionnaire que je suis . Car sitôt ce vital rituel terminé, je m’acheminerai vers l’endroit où pendant sept longues heures, je conjuguerai stress et adrénaline dans le but de traquer et débusquer les filous qui escroquent à grands coups de factures aux montants exorbitants notre vulnérable ville de Montréal dirigée par un joyeux deux de pique clamant l’innocence à toutes les fois que je refile à la presse après minutieuse investigation un dossier révélant que ça pue et que l’ odeur a des relents de pizzas . Mais … hola ! Ne me traitez pas de raciste . Si la corruption à Montréal sentait la poutine au lieu de la pizza, je ferais mon olfactif devoir de le dénoncer . Étonnamment, je n’ai toujours pas perçu de relents de couscous en traitant mes factures . Mais je reste vigilant car quelques-uns des cent quatre-vingt neuf acheteurs de la ville sont prénommés Rachid et douze Mohamed .

Or, depuis plus d’un mois que j’ai initié ce matutinal rituel de l’allée Des Huissiers, je me plais à regarder passer de jeunes parents reconduisant leurs marmots à la garderie attenante .
Au début, j’admets que c’est mon oeil de vieux mon oncle qui était intéressé au passage des jeunes mamans dont les attributs me réjouissaient fortement . Mais hélas, j’ai dû remiser mon oeil pervers à cause des esti d’enfants tenant la main de leur mère .
Car ces ti crisse de morveux se sont mis à me sourire au passage et même à me faire des tatas entraînant de fait un regard complice des jeunes mamans .
Or, je me sens gêné dorénavant de regarder ces jolies jeunes mamans autrement que dans leurs yeux attendris par le vieux monsieur sympathique qui interpelle au passage leur enfant .
Misère ! Faudra que je me trouve un autre spot .

20
août
09

Pi ? À part de tça ?

Puisqu’on me le demande :Ça y’est . Mes deux dernières boîtes sont défaites . Les deux dernières de trente-huit . Et qu’est-ce que j’ai découvert dans la dernière boîte pensez vous ? Ma muse . La tabarnak roupillait dans ma boîte de couvertures d’hiver .
Comment elle a réussi à s’ insérer dans cette boîte à mon insu ? Je l’ignore et j’admets avoir été si heureux de la retrouver que j’en ai oublié de la gronder la salope .
Ceci étant dit, venons ou plutôt, revenons-en donc aux choses sérieuses .
Non mais quel été de chnoute . Ou bien il pleut averse debout ou bien on sue à grosses croûtes . Vivement que notre vigoureux hiver canayen se repointe qu’on soit bien enfin en chemise en flanellette et en caleçons à panneaux tout en sirotant du bon caribou qui vous réchauffe e l’dedans .
J’ai tellement hâte de voir François pelleter mes marches . Je ne peux croire que sachant son vieil oncle éclopé du dos, il ne s’attaquera pas avec acharnement à dégager l’escalier qui me permettra les matins de janvier de me rendre au trottoir que je marcherai allègrement afin de me rendre à l’arrêt d’autobus qui m’amènera au travail où je gagnerai à la sueur de mon col blanc cerné du bel argent qui me permettra de le gratifier d’un beau gros chèque au montant exorbitant en guise de loyer mensuel .

En attendant, notre proximité nouvelle s’avère plutôt beaucoup très extrêmement sympathique . D’ailleurs, mes proprios ne sont pas étrangers au fait que je retardais la recherche de ma muse . Comment voulez vous que je résiste à ce délicieux rituel de l’apéro dans leur cour, au souper su l’bras, au digesto dans leur cour, aux intrusions de François dans mon antre sitôt femme et fils couchés .
La vie est vraiment belle à Rosemont .
Mais ! Mais ça fait deux soirs que je suis seul et abandonné par Marie-Josée et François . Ingrats . C’est rendu que leur travail passe avant les plaisirs de côtoyer leur oncle chéri . Et si ce n’était que de moi . Pendant ce temps, ou est Mathis vous questionnez vous ? Ils l’ont exilé chez les grand-parents ruraux . Pauvre ti-pite .
Bon, assez placoté pour aujourd’hui . Faut que j’aille me faire à souper tout seul calvasse .

Merci d’ avoir remarqué ma longue absence de votre quotidien . Ça a fait chaud à mon coeur de vieux mon oncle de savoir qu’on espérait un tant soit peu ma présence même virtuelle quand je constatais que mon tableau de statistiques révélait entre 100,000 et 250,000,000 de clics quotidiens . Juste pour voir si j’étais reviendu . Vous êtes cute quand-même .
À bientôt .