Hier, jeudi le 28 mai, mon retour du travail fut plutôt spécial . À cause d’un comique qui a déposé à la station Berri-UQAM une valise supposée bourrée d’explosifs ai-je appris en lisant La Presse ce matin .
Le train dans lequel j’étais monté se trouvait justement à la station Berri-UQAM quand le courant fut coupé et que la voix pré-enregistrée énervante qui essaye de nous faire croire qu’on est à Orly nous a annoncé à pleins haut-parleurs cheaps que “Le service est interrompu à cause d’un incident à la station Berri-UQAM”.”Bof!” me dis-je .” Banal . On repartira dans dix quinze minutes tout au plus .”
Ça ne me dérangeait pas trop car j’avais le bonheur d’une place assise et que je pouvais continuer à lire malgré l’éclairage tamisé des lumières d’urgence .
Sauf qu’à peine une minute après l’annonce, y’ a des policiers du métro qui nous ont ordonné d’ aller jouer dehors avec toute la délicatesse de videurs de boîtes de nuit . Même la ti boute qui était moins grande que sa garcette et plus petite que son walkie talkie se permettait de brusquer avec des airs de pitbull enragé les placides usagers dont votre contrarié serviteur .
Fuck ! Juste au moment où j’allais découvrir que l’assassin était probablement le maître d’hôtel, on interromps ma lecture et on m’ordonne d’aller jouer dehors alors que je n’en ai pas le goût et que d’autant plus, il ne fait pas beau .
Mais bon citoyen respectueux des forces de l’ordre, j’ai acquiescé et me suis joint au troupeau compact d’usagers dépités se dirigeant vers la sortie . Comme à l’habitude, je faisais contre mauvaise fortune bon coeur et c’est sifflotant que je me dirigeais vers la sortie .
Mais j’étais malheureusement entouré d’un troupeau de “mauvaise fortune mauvais coeurs” . Tout autour de moi, ça gueulait, ça râlait et j’en ai même entendu un pester contre Kerry Fraser (À Montréal !!!). C’est vous dire à quel point la grogne se trouvait à son paroxysme .
L’état d’énervement extrême de mes compagnons d’infortune m’a fait réaliser à quel point la STM s’est gourée en abolissant pour des raisons bassement pécuniaires la musique dans le métro . Moi, ça me détendait quand en attente du train en retard sur un quai bondé d’entendre via les haut-parleurs même cheaps “La truite de Shubert” ou “Le chien de Pavlov”.
Ça fait que je me suis ramassé coin Berri/Ste-Catherine en me disant, éternel optimiste que la STM à qui j’ai payé au début du mois 60 queque piasses en échange de son bon service aura tôt fait d’inonder les rues de belles grosses autobus Nova à plancher bas qui nous amèneront confortablement du point A au point B .
À première vue , j ‘ai recensé 287 personnes qui faisaient déjà la file devant moi . Puis à un m’ment donné, 289 parce qu’ y ‘avait 2 gros skins qui venaient de prendre la tête de la file sans demander l’avis de personne . Pourquoi 2 gros skins utilisaient les transports en commun à l’heure des travailleurs ? Fouille moé ! Peut-être qu’ils étaient attendus à un nigger bashing à Montréal-Nord . Entecas, ça devait être urgent pour qu’ils se permettent de passer devant des bons ti blancs authentifiés de chenous .
Ça a vraiment pris du temps avant que je puisse enfin monter dans une autobus . Ça aurait pris moins de temps si je ne m’étais fait devancer par d’autres skins . Toutes sortes de skins . Des skins déguisés en comptables, des skins déguisés en secrétaires, des skins déguisés en lycéennes à jupettes écossaises et même des skins déguisés en mémés qui me foutaient des coups de canne en passant .
Ça faisait deux heures que j’attendais quand enfin, j’ai pu monter à bord d’une autobus . J’étais content à la perspective d’enfin rejoindre mon “home sweet home” mais je n’étais hélas, pas au bout de mes peines car le trajet entre mon point A et mon point B ne se fit pas sans heurts .
Sitôt monté dans l’autobus que je me retrouvai la barbe coincée entre la rude épaule d’ un haltérophile et l’aisselle d’un travailleur de la construction qui avait apparemment donné la journée durant, son 110 . Je me suis faufilé avec peine vers l’arrière où encore je me suis fait coincer entre une fille à gros cul qui ne me laissait aucune chance de mouvoir mes hanches et une fille à gros totons qui m’immobilisait les omoplates . Pénible !
À 20:15, je suis arrivé chez-nous . Amer ? Non ! Mais un peu troublé . Car la fille aux gros totons dans l’autobus est descendue comme moi coin Jarry . Et comme moi elle a marché, me devançant de quelques pas (son cul est pas pire non plus) jusqu’à De Gaspé où comme moi elle bifurqua . Et alors que j’étais presque rendu chez moi, je l’ai vue emprunter l’escalier qui s’avère le même que le mien . C’était ma voisine d’en haut ! Elle s’est retournée me voyant grimper les marches derrière elle et m’a dit enfin ces mots dont je rêvais depuis si longtemps :” Bonsoir Monsieur .”
Oui ! Tout est bien qui finit bien !!!
P.S.- On dit un ou une interruption de service ?