Archive pour mai 2009

29
mai
09

Oncle Bob en panne

Hier, jeudi le 28 mai, mon retour du travail fut plutôt spécial . À cause d’un comique qui a déposé à la station Berri-UQAM une valise supposée bourrée d’explosifs ai-je appris en lisant La Presse ce matin .
Le train dans lequel j’étais monté se trouvait justement à la station Berri-UQAM quand le courant fut coupé et que la voix pré-enregistrée énervante qui essaye de nous faire croire qu’on est à Orly nous a annoncé à pleins haut-parleurs cheaps que “Le service est interrompu à cause d’un incident à la station Berri-UQAM”.”Bof!” me dis-je .” Banal . On repartira dans dix quinze minutes tout au plus .”
Ça ne me dérangeait pas trop car j’avais le bonheur d’une place assise et que je pouvais continuer à lire malgré l’éclairage tamisé des lumières d’urgence .
Sauf qu’à peine une minute après l’annonce, y’ a des policiers du métro qui nous ont ordonné d’ aller jouer dehors avec toute la délicatesse de videurs de boîtes de nuit . Même la ti boute qui était moins grande que sa garcette et plus petite que son walkie talkie se permettait de brusquer avec des airs de pitbull enragé les placides usagers dont votre contrarié serviteur .
Fuck ! Juste au moment où j’allais découvrir que l’assassin était probablement le maître d’hôtel, on interromps ma lecture et on m’ordonne d’aller jouer dehors alors que je n’en ai pas le goût et que d’autant plus, il ne fait pas beau .
Mais bon citoyen respectueux des forces de l’ordre, j’ai acquiescé et me suis joint au troupeau compact d’usagers dépités se dirigeant vers la sortie . Comme à l’habitude, je faisais contre mauvaise fortune bon coeur et c’est sifflotant que je me dirigeais vers la sortie .
Mais j’étais malheureusement entouré d’un troupeau de “mauvaise fortune mauvais coeurs” . Tout autour de moi, ça gueulait, ça râlait et j’en ai même entendu un pester contre Kerry Fraser (À Montréal !!!). C’est vous dire à quel point la grogne se trouvait à son paroxysme .

L’état d’énervement extrême de mes compagnons d’infortune m’a fait réaliser à quel point la STM s’est gourée en abolissant pour des raisons bassement pécuniaires la musique dans le métro . Moi, ça me détendait quand en attente du train en retard sur un quai bondé d’entendre via les haut-parleurs même cheaps “La truite de Shubert” ou “Le chien de Pavlov”.

Ça fait que je me suis ramassé coin Berri/Ste-Catherine en me disant, éternel optimiste que la STM à qui j’ai payé au début du mois 60 queque piasses en échange de son bon service aura tôt fait d’inonder les rues de belles grosses autobus Nova à plancher bas qui nous amèneront confortablement du point A au point B .
À première vue , j ‘ai recensé 287 personnes qui faisaient déjà la file devant moi . Puis à un m’ment donné, 289 parce qu’ y ‘avait 2 gros skins qui venaient de prendre la tête de la file sans demander l’avis de personne . Pourquoi 2 gros skins utilisaient les transports en commun à l’heure des travailleurs ? Fouille moé ! Peut-être qu’ils étaient attendus à un nigger bashing à Montréal-Nord . Entecas, ça devait être urgent pour qu’ils se permettent de passer devant des bons ti blancs authentifiés de chenous .
Ça a vraiment pris du temps avant que je puisse enfin monter dans une autobus . Ça aurait pris moins de temps si je ne m’étais fait devancer par d’autres skins . Toutes sortes de skins . Des skins déguisés en comptables, des skins déguisés en secrétaires, des skins déguisés en lycéennes à jupettes écossaises et même des skins déguisés en mémés qui me foutaient des coups de canne en passant .
Ça faisait deux heures que j’attendais quand enfin, j’ai pu monter à bord d’une autobus . J’étais content à la perspective d’enfin rejoindre mon “home sweet home” mais je n’étais hélas, pas au bout de mes peines car le trajet entre mon point A et mon point B ne se fit pas sans heurts .
Sitôt monté dans l’autobus que je me retrouvai la barbe coincée entre la rude épaule d’ un haltérophile et l’aisselle d’un travailleur de la construction qui avait apparemment donné la journée durant, son 110 . Je me suis faufilé avec peine vers l’arrière où encore je me suis fait coincer entre une fille à gros cul qui ne me laissait aucune chance de mouvoir mes hanches et une fille à gros totons qui m’immobilisait les omoplates . Pénible !
À 20:15, je suis arrivé chez-nous . Amer ? Non ! Mais un peu troublé . Car la fille aux gros totons dans l’autobus est descendue comme moi coin Jarry . Et comme moi elle a marché, me devançant de quelques pas (son cul est pas pire non plus) jusqu’à De Gaspé où comme moi elle bifurqua . Et alors que j’étais presque rendu chez moi, je l’ai vue emprunter l’escalier qui s’avère le même que le mien . C’était ma voisine d’en haut ! Elle s’est retournée me voyant grimper les marches derrière elle et m’a dit enfin ces mots dont je rêvais depuis si longtemps :” Bonsoir Monsieur .”
Oui ! Tout est bien qui finit bien !!!
P.S.- On dit un ou une interruption de service ?

25
mai
09

J’en pouvais plus

Suis revenu à mes anciennes amours .
MCB514 avait tellement raison . C’était vraiment écrit trop petit .
Fiou!!! Je me sens comme en plein mois de janvier, ayant bravé une tempête de neige pour regagner mon logis, y trouvant dès l’entrée cette bonne vieille paire de pantoufles en phentex .
P.S.- Il est aussi bon de retrouver mon air hébété n’en revenant pas qu’on ait refusé le but d’Alain Côté et l’air ahuri de mon neveu à mes côtés cherchant un sens à la vie .

23
mai
09

Mue printanière

Contrairement à l’avis général, mon neveu François a des qualités . Du moins, une ! Et cette belle qualité qui me le rend si cher, c’est d’avoir un maudit beau blog . Tellement que j’en suis jaloux . Et tellement que je ne peux résister à l’envie de l’imiter .
Certes que mon blog, dépourvu de la maestria artistique d’icelui ne restera qu’une pâle copie que même mes propos les plus flamboyants ne sauront égaler . Mais l’ opportunité m’ étant offerte par WordPress de modifier ma page à mon gré, je tente une pâle copie du blog de François .

D’accord ou non ?

20
mai
09

Il n’est jamais trottoir …

Le 20 mai 2009 à 00 :10 . Enfin, je l’aurai fait ! Depuis près de quarante ans que j’attendais ce moment . Quelle sensation extraordinaire . Que de frissons ai-je ressenti en passant enfin à l’acte .
Hier, en revenant du travail, coin Jarry-De Gaspé, j’ ai vu des ouvriers couler du béton pour la réfection du trottoir . Je me suis arrêté 5 minutes pour admirer le travail . J’ai toujours été fasciné par le travail des gars de la construction . Surtout lorsqu’ils sont entourés de grosses machineries comme cette bétonneuse d’où sortait de grosses coulées de beau béton frais brassé .
Et c’est en regardant oeuvrer ces nobles travailleurs que le germe de la délinquance s’est inséré en moi .
J’ ai continué mon chemin jusqu’à la maison tout fébrile . Ô que la soirée fût longue .
J’ai jasé un peu avec mes voisins question de les intéresser et je suis monté chez-moi pour préparer mon souper . Et bien repu après mon routinier saumon persillé du lundi, j’ai lavé la vaisselle et me suis installé devant mon ordi .
Il était 21:00 et une grande excitation me tenaillait . Mais pour une rare fois dans ma vie je ne savais quoi écrire . C’était surtout pas le temps de me retrouver aux prises avec le syndrome de la page blanche . ” Ô ma muse, ne me fais pas faux bond S.V.P. . Pas ce soir je t’en prie .”
Ça fait que je suis resté devant mon ordi jusqu’à minuit lorsque soudainement un puissant Eureka jaillit de mon bouillonnant cerveau .
Alors, je me suis dirigé vers la penderie, y’ ai pris mon veston et je suis sorti non sans m’être muni auparavant d’un tournevis . Je me suis dirigé, le coeur battant la chamade vers l’endroit qui est devenu la page sur laquelle j’ ai inscrit mon trait de génie qu’on pourra lire encore pendant une bonne trentaine d’années au moins . À exactement 00:10, rendu coin Jarry-De Gaspé, après m’être assuré qu’ il n’y avait personne aux environs, je me suis penché au dessus du béton encore frais et y ai gravé à l’aide de mon tournevis : ” I love WWW.WORDPRESS.ONCLEBOB.COM ” entourant cet aveu d’amour d’un beau gros coeur .
Et c’est en courant que je suis rentré chez-moi . C’est le coeur encore tout palpitant que je me suis dirigé vers mon lit en ayant hâte de m’endormir pour pouvoir rêver de l’exploit que je venais d’accomplir .
Ne me taxez pas de mégalomanie je vous en prie . C’est toujours bien pas de ma faute si je suis célibataire et que la Francine qui voulait que je grave sur le béton frais coulé nos noms au centre d’un coeur il ‘ y’ a quarante ans m’a plaqué parce qu’elle me trouvait trop pissou même si je lui avais offert la romantique alternative de l’écorce d’un chêne .
P.S.- En allant travailler ce matin, je me suis arrêté devant le lieu de mon exploit et versant quelques larmes d’émotion suis resté prosterné devant ce fabuleux coin de trottoir . Je regardais mon oeuvre comme si ça avait été une étoile du Hollywood Walk Of Fame .
Fuck ! Suis arrivé une heure en retard à job .

17
mai
09

What a fucking “messe” !

Samedi, on a commémoré la mort de maman en allant à la messe . Intention louable mais idée saugrenue de mes soeurs . Je le sais bien qu’ en organisant cette célébration à l’église que maman fréquentait, elles voulaient honorer symboliquement la foi de notre dévote mère en ce premier anniversaire de son décès .
Quel calvaire ! Ce que je me suis emmerdé . Et pourtant, je suis arrivé à l’église tout respectueux avec les meilleures intentions du monde . Mais dès mon entrée dans le temple du seigneur, ma bonne foi fut sévèrement ébranlée .
Car mon entrée s’est effectuée non par la grande porte de l’église mais par la tite porte de côté . Calvâsse, on a payé pour faire chanter une messe pour maman . Me semble qu’ils auraient pu avoir la décence de nous permettre de célébrer dans l’église et non dans l’ armoire à balais . Crisse, un placard pour ma sainte mère, je trouve ça insultant .
Esti que ça faisait dur comme endroit . Un coqueron aménagé à la sauvette avec des chaises de salle de bingo alignées en face d’un autel de fortune qui semblait avoir été gossé par un menuisier saoul qu’on avait essayé de camoufler (l’autel, pas le menuisier saoul) sous une broderie d’une bénévole paroissienne . À côté de l’autel, y’avait un crucifix sur pied qui semblait être l’ oeuvre du même vaillant mais maladroit menuisier . Le Christ avait l’air de souffrir plus de sa position inclinée que des clous qui lui perçaient les extrémités . Et derrière l’autel, on avait accroché un cadre représentant une scène biblique qui avait l’air d’avoir été créée par la fille du menuisier qui est en maternelle (la fille, pas le menuisier) . Même le cierge pascal à côté du crucifix avait l’air de provenir du Dollarama . Entre autre, le calice était en terre cuite et les burettes avaient l’air de bouteilles à vinaigrettes .
À la droite de la sainte table, une porte grande ouverte nous faisait voir la remise de l’ armoire à balais . On pouvait y voir tout le bric à brac . Le gros système de son y côtoyant cierges, roulettes de “masking tape”, guenilles et une bouteille de M.Net . Élégant !
Et à la gauche, y’ avait (celle-là, j’en reviens pas) LES BÉCOSSES !
Et c’est dans ce pitoyable décor qu’on a assisté à la messe à maman présidée péniblement par un vieux curé périmé et bigleux de surcroît qui avait plus l’air déficient qu’officiant . Malgré toute sa bonne volonté et son désir apparent de vouloir donner un bon show, y’ était pas crédible le vieux ratichon .
La partie artistique de la célébration était assurée par la swingnante Claudette au chant et Jean-Guy au Hammond B-3 . À l’animation, y’avait la dynamique Yollande qui malgré ses 70 ans nous a livré une irréprochable performance d’assistante de l’officiant . Elle nous a livré des versets de l’évangile de façon magistrale ; tellement que j’avais l’impression de voir vraiment Lazare se multiplier et les pains se lever . Cependant, je n’ai pas apprécié la nouvelle version du Notre Père . Une des seules prières dont je me souvenais batinsse, qui a été dénaturée par de nouveaux adverbes et un rajout insignifiant et inutilement long .
Déjà qu’ils me l’avaient scrapé y’ a une couple d’années en y’ éliminant le respectueux vouvoiement le remplaçant par un tutoiement de fond de ruelle .
Outre ma famille, la salle était peuplée de bons ti vieux et de deux ou trois quadragénaires à l’air deux de pique .
Ce bancal décor étant campé, je me suis résigné à être zen, et bon enfant j’ai observé le protocole en me levant et en m’assoyant syncro avec les fidèles .
Mais maudit que je trouvais ça plate . Heureusement que quand on était debout, je pouvais me distraire en admirant l’étonnant cul de ma belle-soeur qui occupait la rangée devant moi .
Et providentiellement est arrivé le moment de la communion . Profitant de la confusion parmi les dégustateurs d’hostie qui n’avaient pas écouté les demandes de l’assistante officiante leur suggérant d’aller vers la gauche et dont la moitié se dirigeaient vers la droite, j’ ai crissé l’ camp dehors .
Il pleuvait à “sieaux” mais j’aurais supporté un orage d’étrons plutôt que de retourner assister à ce misérable spectacle .

Tout ça m’a amené à réaliser le pitoyable état de décrépitude de l’église catholique .
Où donc est passé le faste des messes d’antan . Pauvre à ce point l’église ? Je sais bien que c’est pas avec du flafla et des flonflons que tu attises la foi des fidèles mais torpinouche, me semble qu’y a un minimum décent qui devrait être respecté .

Ceci étant dit, je me contrefous de la déchéance de cette secte . Juste que ma mère, fidèle croyante a passé sa vie à nourrir celle-ci dévotement et sincèrement . Me semble qu’elle aurait mérité les grandes orgues et non cette grotesque mascarade .
Amen ! Leu’culottes en sont pleines .

P.S.- Avis aux prochains défunts . J’ irai vous rendre les derniers hommages au salon . Comptez plus sur moi pour la messe .

15
mai
09

Deux mères pour le prix d’une !

Lucienne est partie y’ a un an demain le 16 mai . Lucienne, c’est ma mère . Elle a beau être morte, c’est encore et toujours ma mère .
Comme mon défunt Arthur est encore mon bon vieux père . J’arriverai jamais à les considérer comme faisant partie du passé . Mes adorés parents, même décédés sont toujours là près de moi, je le sais . Je suis pourtant de cette race d’ iconoclastes qui se torcherait avec leurs ailes si les anges existaient et qui ne fréquente les esprits que bien noyés dans le fin fond d’un verre d’ alcool .
Ça fait que ça parait plutôt incongru que je parle régulièrement à mes deux fantômes, je le sais bien .
Deux êtres désincarnés réduits en un tas de cendres scellé dans une urne quelque part dans un funérarium que je ne visite jamais .
Arthur et Lucienne sont devenus mes parents “à la vie, à la mort” .
Ils ne se débarrasseront surtout pas de moi pour cause de trépas . Que non ! Je les laisserai jamais tranquilles . J’aurai 90 ans que j’aurai encore besoin, encore envie d’eux .
M’ennuie de mon vieux bougon d’Arthur, incarnation de l’autorité suprême qui faisait régner l’ordre dans la maison car sa guignol d’épouse arrêtait pas de déconner avec ses 8 ti nonos . Heureusement que les dernières années de sa vie de papa nous l’ont révélé rieur et coquin n’ayant plus à asseoir son autorité sur ses enfants devenus adultes . Incroyable que ce dragon féroce qui terrorisait mon enfance soit devenu mon vieux chum à qui je pouvais dire n’importe quoi …. enfin, pas tout à fait car y’ avait comme un blocage qui subsistait et qui faisait que je n’arrivais à parler que de hockey et de politique (pas trop pour cause de duplessisme réfractaire à mes nationalistes envolées) avec lui . Mais toutes ces conversations superficielles s’avéraient révélatrices du grand amour qu’ on se partageait et qu’on ne savait exprimer autrement .

Pi la Lucienne ! Ah la Lucienne ! Quelle magnifique et lumineuse folle !!! Elle nous a consciencieusement torchés, nourris, éduqués, dorlotés et consolés comme l’exigeait son rôle de maman . Et elle accomplissait toujours son devoir de mère avec cette merveilleuse dose d’espièglerie qui ébahissait ses enfants, eux qui ne réalisaient pas vraiment leur chance d’avoir comme mère : UN CLOWN ! . “Enwouèye, arrête de brailler qu’on rigole un coup ” . “Enwouèye, cesse de bougonner et jouons aux cartes”.
Avec Lucienne, y ‘avait pas de temps à perdre à bougonner . Ce qu’elle a pu inventer pour nous rendre heureux cette sacrée Lucienne . Sans qu’elle ne nous l’ait jamais dit, le message de maman se résumait ainsi : ” La vie est dure . Prenons donc le temps de jouer et d’en en rigoler un bon coup . On va passer à travers “
Un de ses plus brillants fait d’arme en ce qui me concerne fut d’avoir aménagé le premier stade de “boleys” éclairé au monde .
Dans mon Cap Santé natal, nous pratiquions le sport du “boley” que d’aucuns appellent “Le jeu de billes” consistant à garocher avec contorsions et finesse les “boleys” dans un trou creusé à même le sol terreux de notre cour arrière . Or, l ‘automne raccourcissant les jours, notre mère soucieuse de voir ses enfants continuer à s’amuser installa génialement des lumières dans la cour à l’aide de poteaux de fortune et de fils qui n’auraient pas passé le test “CSA” mais peu lui importait que la maison risque de passer au feu, ce qui était primordial pour maman, c’était que ses enfants continuent à jouer malgré la précoce noirceur automnale .

Quand je pense à maman, je la vois tout le temps avec son irrésistible sourire aux lèvres . Même lorsqu’ elle nous grondait, elle n’arrivait même pas malgré ses efforts, à avoir l’air bête . Pas crédible Lucienne . Pour ça qu’elle n’avait pas le choix de refiler parfois le dossier au très convaincant Arthur .

Et ma mère, c’était surtout pas une moumoune . Sti qu’elle était tough ! Des fois, je vois Lucienne lors des dernières pénibles années de sa vie, grimaçant de douleur à cause de ses genoux opérés et réopérés trop usés de tant de grossesses . Et l ‘indécrottable joyeuse de nous faire croire à nous ses ti poussins que “c’est pas grave, ça va passer, c’est juste un mauvais moment et tantôt on va jouer aux cartes .Va vous pleumer mes ti morveux .”
Pour ça qu’ on a que rarement pu “foxer” l’école . On avait beau plaider une virulente fièvre bubonique, elle nous tâtait le front et son diagnostic s’avérait toujours le même :”Ça va aller mon grand . Tiens, prends une “tite frost” (ancêtre du Tylenol)”. Et elle nous mettait le sac d’école sur le dos en nous embrassant et en nous souhaitant de passer une bonne journée à l’école afin d’y apprendre toutes ces choses essentielles à notre éducation . On partait en tabarnak mais finalement, on devait avouer que notre fièvre bubonique avait passé . Et on revenait de l’école, accueillis par notre toujours joyeuse maman qui ne prenait même pas la peine de s’enquérir de notre état de santé toute occupée qu’elle était avec ses chaudrons qu’elle manipulait en chantant .
Fa que petit à petit, on a arrêté de se plaindre . Avec Lucienne, ça servait à rien .
Maman ne voulait qu’une chose pour ses enfants : Le BONHEUR ! Pi fuck les malheurs ! (Évidemment que la dévote ne l’aurait pas dit comme ça)

Et vers la fin de sa vie terrestre, même dans sa déchéance et entre ses délires séniles, maman se souciait héroïquement du bonheur de ses enfants . Les exemples ne manquent pas mais je ne retiens que ses invitations à ne pas partir alors que je la visitais dans la chambre de son foyer de ti vieux afin de m’offrir à souper et même aussi de m’offrir de me prendre une bière dans un frigo inexistant . Et hypocritement, je devais m’ inventer une raison pour refuser son invitation et je la quittais le coeur à l’envers en espérant très fort que son cerveau atrophié ne se souvienne déjà plus de mon passage .
La mort de notre héroïque mère poule s’est avérée une douloureuse délivrance pour nous ses poussins .

Mais aujourd’hui ce 15 mai, c’est l’anniversaire de ma soeur Denise qui atteint l’ âge vénérable de 60 ans . Denise qui outre qu’elle est mon adorée soeur s’avère aussi (à son grand dam) ma maman par procuration .
Certes, c’est un rôle dont elle se serait bien passée mais comment résisterais-je à en faire ma Lucienne quand elle lui ressemble tellement . Exactement comme maman : généreuse, tendre et attentive….mais avant tout, fervente propagatrice de l’école luciennesque donc le credo est : “N’oublions surtout pas de rigoler” . Ses enfants, la superbe Julie et l’autre là, mon neveu achalant peuvent en témoigner . Denise est le vrai portrait de Lucienne…à une nuance près . Quand c’était le temps d’avoir l’air bête et d’imposer la discipline, elle ne refilait pas le dossier à son distrait époux . Elle s’en occupait “arthurement” elle-même . Mais calvâsse que ses enfants ont eu et continuent à avoir du fun avec leur délurée maman . Encore aujourd’hui, pour qui les connait bien, il est facile de reconnaître en eux l’empreinte de Lucienne que leur a léguée Denise :” On fonctionne mais oublions pas de rigoler” .
Et grâce à cette extraordinaire grand-mère que leur a donné la vie, Xavier, Noémie, Florence et Mathis vont perpétuer le précieux héritage de Lucienne : Vivons notre vie mais n’oublions jamais d’aimer et surtout…d’en rigoler un bon coup “bonne sainte plote !”(*) Bonne fête ma chère soeur . Le triste 16 mai demeurera toujours hélas le lendemain de ta fête . C’est “confondant” ! Comment veux-tu que je te prenne pas pour ma mère ?

(*) “Bonne sainte plote” était l’inavouable et pittoresque juron de maman . Fallait vraiment faire preuve de dérision, elle qui était une fervente adepte de la bonne Sainte-Anne .

09
mai
09

Histoire H1N1(e)

EGO si j’étais riche, je prendrais un 747 via YUL et atterrirais à MEX . Aussitôt atterri, j’y aborderais un AUTOCHTONE afin qu’il me révèle l’adresse du meilleur endroit où l’on peut déguster du H1N1 . Tel un MAL ENTENDANT, je n’écouterais pas ses mises en garde et NON VOYAMMENT me garocherais vers le premier resto venu . J’y commanderais au serveur MAL MARCHANT qui heurterait de sa démarche mal assurée toutes les tables pour cause de jambe plus courte que l’autre une bonne côtelette d’ H1N1 .
Je m’empiffrerais comme le ferait une PERSONNE AVEC UN SURPLUS PONDÉRAL et repu, je m’allumerais une bonne PROPAGATRICE DE CO2.
Je vous salue mes chères ” PERSONNES QUI VISIONNENT MON BLOG “. Oh que non ! Je ne vous traiterai pas incorrectement de “lecteurs”.
Votre dévoué AÎNÉ !
P.S.- Mes excuses au resto et aux tables que je n’ai pas su correctement désigner .

07
mai
09

Ma croix de Gaspé

Dès ce premier juillet, je devrai faire une croix sur mon séjour rue De Gaspé .
Outre mes proches voisins d’en d’sus et d’en d’sous, il me sera bien difficile d’ abandonner pour de bon mes précieux voisins de cette sympathique rue de Villeray . Ce premier juillet 2009 marquera hélas la fin d’une chaleureuse quoique occulte relation de 7 ans entre moi et mes sympathiques concitoyens . Relation faite de “bonjour”, de “fait beau” et de “crisse, y’ ont pas encore déneigé la rue” et toutes ces formules de politesse creuses mais significatives qui étaient essentielles à mon bonheur de citadin autant qu’ au leur j’en suis convaincu .
Depuis 7 ans sur De Gaspé, tous ces sympathiques voisins que j’ai régulièrement salués ignorent tout de moi ou si peu et l’inverse est pas aussi vrai car moi, JE VEILLAIS .
Je m’ennuierai de ce saugrenu et exubérant deuxième voisin d’à côté français de France qui était le seul à afficher à longueur d’année le fleur de lysée sur son balcon . Lui-même voisin de balcon d’une espèce de grand énergumène qui trinquait régulièrement avec ce cousin et qui ne m’a rendu visite que le jour où il fut captivé par le meuble que j’en étais à décaper sur mon balcon car il tripait antiquités (pas moi, le meuble) . Ce même sympathique énergumène que j’ai surpris un jour à avoir du mal à se rendre à son escalier et avoir eu de la difficulté à négocier la courbe de ce même escalier après être à peine descendu de sa voiture .
Elle me manquera la tite madame laide avec son ti chien laid qu’elle affublait l’hiver d’un ridicule manteau écossais avec des tites pattes en phentex . Et quand je la croisais, flagorneur je la complimentais pour son ti chien mais ne poussais tout de même pas la gentillesse jusqu’à flatter ce sale bâtard .
Il me manquera aussi mon ti-père portugais d’en face qui même si je le trouvais nono de chasser les feuilles mortes à grands coups de bruyante machine à chasser les feuilles mortes, s’est révélé mon complice d’oisiveté quand j’étais CSST et lui retraité depuis au moins 50 ans . On se croisait tous les matins vers 9:00. 9:30 alors que tous les honnêtes travailleurs étaient au boulot et que lui déambulait déjà en se demandant quelle quotidienne mission il pourrait bien accomplir et moi me dirigeant vers le dépanneur pour y acheter mon premier paquet de cigarettes de la journée . Ce même ti-père qui ne se gênait pas (J’en fus le sidéré témoin) pour enguirlander le poing levé un rare chauffard qui roulait trop vite sur notre paisible rue .
Je m’ennuierai de ma voisine qui tient une garderie familiale à une couple de portes de chez-nous pi que je me suis toujours demandé si sa business était légale et authentifiée par nos gouvernements mais si ça s’était avéré illicite, je l’aurais pas stoolé car elle est pas mal jolie et qui a un chat qui ressemble à Eusèbe et qui en plus arbore un magnifique collier à puces ROSE (Pas elle mais son chat). On a été mutuellement confondus une couple de fois en câllant le chat de l’autre . Ô cocasserie .
Je m’ennuierai du ti-couple fertile qui aura procréé trois fois plutôt qu’une pendant mon séjour . Quand-même héroïques . Braves jeunes qui perpétuent la nation . Considérant la mère, j’aurais forcé la note un peu plus que je vous jure !
Même mes quétaines voisins d’en face me manqueront car leurs fréquents ajustages de carburateur provoquant de tonitruants “vroumvroums” qui m’agressaient les tympans le samedi matin pendant que je lisais ma précieuse Presse sonnent désormais comme de la musique à mes oreilles . Et après tout, ils avaient bien le droit de dépenser quotidiennement 100 gallons d’eau pour nettoyer leur portion de trottoir l’été durant contribuant ainsi …au nettoyage de leur portion de trottoir .
Et quand je me retournais vers la ruelle, j’y découvrais le ti couple tellement straight et drabe qui a incroyablement fini par procréer . (J’aurais pu jurer qu’ils ne zignaient pas tellement y’ avaient l’air ordinaire) . Mais eux savaient m’émouvoir quand à chaque automne ils organisaient dans leur cour une séance de marinades avec ce que je devinais être leurs parents avec les gros chaudrons dans la cour sur des brûleurs improvisés . Ça me rappelait la glorieuse époque où ma gang et moi on se donnait un mal de chien en passant une grosse journée à faire des conserves tout en écoutant Jim et Bertrand et en se soûlant la gueule à grandes goulées de Molson Ex et de Cuvée des Patriotes . Et dire que pendant ce temps, y’ avait Steinberg qui nous dealait un pot de betteraves marinées à seulement 0.49$ et du ketchup pas de motons à seulement 0.79$
Et ma voisine d’été Caroline me manquera aussi . Elle que je n’ai croisé presque toujours qu’à la faveur d’un étendage de corde à linge coïncidant . (Non ! Je n’ai pas commis le facile : conCORDANT .) Elle a une grosse chatte (NON! Pas question !) nommée “Darligne” que Eusèbe a même pas cru bon crouser tellement elle est laide . Quasiment aussi hideuse que l’obèse Pinson de mon frère Réal . Ce qui n’est pas peu dire .
Y’a aussi mon deuxième voisin d’en bas, père exemplaire qui le soir venu, aussitôt ses deux gamins rentrés avec leur maman fermait le BBQ et ramassait les bébelles dans la cour et qui se tassait après entre la clôture et le cabanon pour s’en allumer un gros ne se doutant pas que je l’avais à l’oeil même si j’en étais à lire tranquillement sur mon balcon arrière le dernier Marie Laberge me demandant si le coupable était vraiment ce fourbe de maître d’hôtel . Je l’avais au nez aussi car à l’odeur, on pouvait pas se tromper . Après une dure journée, papa relaxait !
Je m’ennuierai aussi de tous ces autres voisins, ternes ou pittoresques peu importe . Ils m’ont été indispensables tout au long de ces 7 années . Ils ont contribué à leurs façons à m’apporter une grande qualité de vie . Si parfois ma vie était merdique, c’était pas leur faute mais la mienne .
Mais ceux qui me manqueront le plus, ce sont Monsieur et Madame Tchang, mes fidèles dépanneurs . On a quand-même eu une relation presque quotidienne depuis tant d’années .
J’ai pas encore eu le courage de leur annoncer mon départ . Je sais que ça les ébranlera . Ne serait-ce qu’au niveau de leur chiffre d’affaire .
Mais hélas, je dois partir . Les résidents de la rue De Gaspé se devront dorénavant de porter sans leur leader (on ne l’a jamais affirmé mais je sais ! Tant de regards admiratifs ne sauraient me tromper) le flambeau de la joie de vivre sur la rue De Gaspé .

Je me dois de partir afin de remplir la mission que m’a confié mon rosemontois neveu ainsi que sa conjointe qui consistera à initier cette flamme qui étincellera pour longtemps sur cette présentement morne avenue et qui fera s’embraser les livres de recettes du dépanneur du coin .

03
mai
09

Caisse qu’elles m’énervent ! (*)

Et moi qui croyait que c’était juste les tites vieilles qui m’impatientaient lorsque coincé dans une longue file d’attente à l’épicerie, je les voyais sortir tranquillement leur ti porte-monnaie et en sortir tranquillement des pièces de monnaie pour payer exact et déposer celles-ci tranquillement sur le comptoir juste avant de les recompter du doigt tranquillement pour être sûre de ne pas s’être trompées et qui en profitaient pour bavarder tranquillement avec la caissière et qui finissaient par remettre tranquillement dans leur ti porte-monnaie les pièces car finalement, y’en avait pas assez et de remettre tranquillement leur ti porte-monnaie dans leur sacoche pour en ressortir tranquillement un porte-feuille qu’elles ouvraient tranquillement et duquel elles ressortaient tranquillement un billet de cent dollars pour une commande de 8.29$ ainsi que les coupons-rabais qu’elles extirpaient difficilement mais tranquillement d’un amas de kleenex de leur poche de manteau et qui après avoir tranquillement réglé l’addition fouillaient tranquillement dans leur sacoche pour en ressortir tranquillement leur bel étui en vinyle de Loto-Québec afin de faire valider leurs billets et de demander tranquillement à la caissière une couple de gratteux et des machins pas d’extra et d’autres avec extra et de remettre ceux-ci tranquillement dans leur bel étui en vinyle de Loto-Québec et de tranquillement ressortir de leur sacoche leur sac écolo pour y transférer tranquillement les denrées que la caissière avait déjà trop rapidement mis dans un sac plastique maison l’étourdie et de s’exclamer :” Oh mon doux, j’ai oublié le manger pour mon minou mais je vais laisser faire car je ne voudrais surtout pas retarder les gens ” . (Ouf ! Ça, c’est d’ la phrase monsieur)
Hé bien, calvâsse, non y’ a pas que les tites vieilles qui font ça . Car la tradition se perpétue . Faut croire que c’est génétique cette agaçante manie féminine .
Pas plus tard que tantôt, j’ai vécu cette contrariante mésaventure chez Jean Coutu alors que celle qui nous faisait tranquillement poireauter moi et les quatre clients en ligne derrière elle avec ses esti de manies de tites vieilles telles que décrites ci-haut mais à quelques variantes près, parce qu’en plus, elle avait sa carte “Air miles”, n’avait même pas trente ans . Misère !
Et dire que dès qu’il est question qu’un homme leur suggère de “passer à la caisse”, elle sont tellement impétueuses .
Les comprendrai jamais !
(*) Autre “Greg”esque tentative . S’cusez la !