Archive pour mars 2009

27
mar
09

La comédie est finie

Et voilà ! La boucle est bouclée . J’ai accompli mon dernier tour de piste et du jardin . J’ai pas mal dit ce que j’avais à dire via ce blogue et je me retire donc avec la satisfaction du devoir et des leçons accomplis . Or, d’ici cinq jours (le temps de vous laisser m’exposer votre vive désapprobation ) je ferme la porte de mon blogue et y mets le cadenas . F I fi N I ni ! Non, je ne ferai pas un Mick Jagger de moi en insistant pour exposer ma décrépitude en me déhanchant du clavier pour tenter de vous convaincre que je l’ai encore . J’ai mon orgueil .

Et si ce n’était que de l’orgueil ! Car y’ a que depuis que je suis devenu un besogneux fonctionnaire, je n’ai plus le temps de m’épivarder dans la blogosphère . Lorsque fourbu, je rentre du boulot, je n’ai plus en moi une once de cette vive énergie que j’ ai dépensée 8 heures durant à servir avec zèle et ardeur mes concitoyens montréalais . Je ne consacre ce qui me reste de ressort qu’à préparer mon souper et mon lunch du lendemain après m’être détendu en regardant Virginie et aussi en caressant un peu mon gros matou Eusèbe qui a passé lui aussi une dure journée en faisant régner la loi dans la ruelle . Ce valeureux Eusèbe qui se tapera une légère sieste avant de ressortir pour son shift de nuit . Brave Eusèbe !
Avant de quitter la scène, je voudrais remercier sincèrement tout le monde qui a participé à faire de mon blogue un des plus lus par ma famille et mes amis en y allant de commentaires parfois pertinents et parfois insignifiants . Et même ceux-ci me réjouissaient . Mais au delà de la qualité qui prévalait sur mon blogue, y’avait la quantité qui m’importait . Aussi, mon plus beau souvenir sera sans conteste le jour où sur mon tableau de statistiques j’ai constaté avec ravissement que j’avais fracassé mon record de 12 visiteurs en une journée (Oncle Bob à la mer) en atteignant le vertigineux sommet de 14 intrusions sur mon blogue le lendemain de la publication de mon article “Du rififi chez Oncle Bob” . Comme dirait Moose Dupont :” 14 visiteurs, c’est du monde en ta’ ! “
Je n’oublierai jamais les joies intenses que me procuraient vos interventions. Quand je vous lisais, je frissonnais de plaisir en me disant que c’est agréable d’avoir des gens avec qui échanger sans risquer de se faire postillonner dans la face et ainsi risquer de choper un rhume . La distance de clavier à clavier me garantissait un confort et une sécurité que n’auraient su me procurer de vrais contacts humains .
Et je termine en citant un de mes auteurs favoris . J’ai nommé :” Thimoty Scrambleeggs ” . Celui même qui dans son fameux essai intitulé ” Pull the fucking plug “, écrivait judicieusement (je traduis) : ” C’est tout ! “
Voilà ! Pour moi, c’est tout ! Adieu !

24
mar
09

La tite chinoise

Hier,souffrant de ballonnements post souper, je suis allé au dépanneur . Et de un, question de prendre une marche et de deux, pour m’acheter un paquet de gomme Chiclets jaune mais j’en ai pas trouvé à travers l’étourdissante panoplie de toutes sortes exposée au présentoir . Vu que j’étais pas pressé, j’ai pris le temps de compter combien on me proposait de sortes et de saveurs . Exactement 22 chez mon modeste dépanneur du coin de la rue . Imaginez dans un Couche-Tard . Mais aucune trace de la bonne vieille Chiclets jaune que je convoitais . Maudit que je m’ennuie du bon vieux temps où t’avais le choix entre 5 ou 6 sortes de Chiclets, de la Juicy Fruit, de la Spearmint, de la Dentyne et des fois de la gomme savon mauve dont je ne me souviens plus le nom .
Y’en avait vraiment trop et c’étaient toutes des sortes que je ne connaissais pas . J’étais tellement embarrassé qu’à la place, je me suis acheté un six pack de Bud .
Et c’est en payant ce fluide succédané de gomme à mâcher que j’ai vécu un intense moment de joie pure .

Pendant que Madame Tchang (je ne sais pas comment ça s’écrit mais c’est rigoureusement vrai, c’est des Tchang . Civil que je suis, je leur ai jadis demandé leur nom afin de mieux les saluer lors de mes subséquentes et nombreuses visites) me servait, y’avait Monsieur Tchang qui serpentait les allées avec mini Tchang sur ses épaules . Et la petite Tchang d’à peu près deux ou trois ans chantait :” Old MacDonald had a farm I Aye I Aye Ho ” . Bien c’est là que je me suis mis à entonner la joyeuse ritournelle avec elle . Juste le bout :” Old MacDonald had a farm I Aye I Aye Ho ” parce que pour le reste, je ne m’en souviens pas si je l’ai déjà su .
Juste le beau sourire bridé qu’elle m’a lancé en chantant à l’unisson avec moi cette pourtant stupide chanson, ça m’a complètement chamboulé . Pur instant de grâce . (Me suis abstenu de faire du chichi parce la tite immigrée chantait en anglais dans mon Québec frança)
Instant de grâce qui fut interrompu par Madame Tchang qui m’interpella en un réaliste :” Neu et qualan cint . Un estla avè ça ?”

P.S.-La photo de la mémé qui apparaissait en place de mon avatar hier devrait en principe avoir laissé place à ma belle tite binette depuis ce matin . Certains se sont déjà plaint que c’était encore “chose” qui apparaissait . J’ai tenté de remédier à ça tantôt . En espérant que cette esti de technologie de marde a fonctionné cette fois .

22
mar
09

23 mars 1947

Demain, c’est le 23 mars . Et alors ? me direz vous . Rien de spécial rétorquerai-je . Sauf peut-être que c’est l’anniversaire de la mémère en chef de ce blogue . Et je nomme pour ceux qui ne l’auraient pas encore reconnue : Marcelle .
Vous ignoriez évidemment que cette empêcheuse de bloguer en rond, cette parfois opiniâtre polémiste et parfois commentatrice fantaisiste aura en ce 23 mars atteint l’âge vénérable de 62 ans . Moi, je ne pouvais l’ignorer car il y’ a plus d’un mois qu’elle “m’harcèle” (*)via ma page Hotmail: “Oublie pas Oncle Bob que c’est ma fête le 23 mars” . Comment a t-elle pu obtenir mon adresse, je l’ignore mais c’est la preuve que cette femme ne recule devant rien pour arriver à ses fins . Parfois, elle me fait peur je l’avoue .
Or, je ne prends pas de chances et lui dédie aujourd’hui mon blogue . Pour l’occasion, je fais paraître en place de mon avatar la photo qu’elle m’a transmise en me faisant croire que c’en était une récente . Chu pas cave et devine très bien que celle-ci date d’il y’ a une bonne dizaine d’années .
Bonne fête Marcelle !

(*) Je lui offre généreusement ce succulent et inédit jeu de mots et lui cède même mon “copyright” en guise de cadeau d’anniversaire .

19
mar
09

La misère des riches

Hier y’ a un gars qui m’a donné beaucoup de beaux billets de 20$ because je l’ai remplacé pendant ses vacances dans le sud en faisant le ménage dans une clinique à raison de 2 heures par soir . J’étais pas mal content sauf qu’il a mal choisi son moment pour me payer car il est arrivé en plein milieu des Invincibles . Sti, c’est la seule et unique émission de télé que je regarde assidument . J’ai failli pas répondre à la porte mais quand je me suis souvenu qu’il me restait 32 cennes dans mes poches et que j’avais écoulé mes derniers rouleaux de cennes nouères la veille et qu’il ne me restait que 6 bouteilles vides à troquer, j’ai décidé malgré ma contrariété de me faire déranger pendant que Rich the Bitch se faisait rabrouer par Lyne La Pas Fine et d’accueillir mon généreux intrus . Je ne me suis pas épanché en remerciements comme je l’avais planifié quand il m’a téléphoné pour me dire qu’il viendrait me payer et j’ai été plutôt bref en lui tendant la main pour la lui serrer et l’autre pour encaisser . Merci bonsoir . Retournons à notre émission .
J’ai ressenti un certain malaise en palpant cette grosse liasse de billets car j’avais gagné ceux-ci illégalement . J’étais conscient d’avoir travaillé au noir et me sentait un peu bandit . Et j’ai ressenti un autre malaise quand à la faveur d’une pause publicitaire, je me suis mis à compter tous ces beaux vingt piasses . Mon premier malaise a passé .
Et pour rajouter à mon euphorie de gars riche, v’là t’y pas que pas plus tard que ce matin, y’ a mon boss qui me donne ma première vraie paye de travailleur officiellement inscrit dans les registres d’impôts des deux paliers de gouvernement . Je n’ai pas ressenti l’allégresse de la palpation des vingt piasses en tenant ce bout de papier mince comme une feuille de papier mais la vue du chiffre négociable sur celui-ci m’a ravi .
Mais ce soir, je ne suis hélas pas emballé par ma condition de nouveau riche . Car un affreux dilemme s’impose à moi maintenant . Avec tout ce bel argent, devrais-je payer mes comptes et rembourser les dettes que j’ai cumulées durant cette pénible période de dèche profonde ? Ou devrais-je en profiter pour me payer une esti d’grosse brosse aux “Rotoplots dodus” ?
Misère ! Maudit que j’ étais bien sans argent .
P.S.- J’espère que mes généreux créanciers ne liront pas ceci

16
mar
09

Mon cousin Sylvain

Quand j’étais jeune, y’avait un truc qui m’allumait et me faisait tellement rigoler . Ça consistait à pogner un gars par une tétine en pinçant très fort tout en lui disant de siffler . Une de mes cibles préférées était mon cousin Sylvain . Je dois lui avoir pogné la tétine et l’autre aussi une centaine de fois en lui ordonnant de siffler . J’avais l’avantage d’avoir 6 ans de plus que le ti-cul . Les premiers temps, ça lui prenait au moins une bonne minute avant de lâcher un sifflement audible . Ça faisait plutôt stridulation mettons . Mais un moment donné, il s’est mis à me garocher des sifflements à faire rougir Roger Whitthaker . Ma persévérance a payé .
Car aujourd’hui, ce qui à l’époque contrariait Sylvain est devenu rien de moins que son gagne pain . Il remplit des salles soir après soir dans le bout de Québec en sifflant de belles mélodies . Ça devrait pas être trop long avant de le voir artontir à Montréal .
Guy A Lepage rampera pour avoir l’honneur de l’avoir comme invité .
Sti que je suis fier de mon cousin . Oui, y’a du talent dans la famille . Constatez le ici .

11
mar
09

Café amer

Semble t-il que ma leçon de bitchage à la machine à café a été bien assimilée . Ce matin, j’ai surpris la gang qui jasait autour de la (mau)dite machine à se mettre à chuchoter aussitôt qu’ils m’ont vu m’approcher . TABARNAK !!!! Y’ont appris vite .

08
mar
09

Bonheur de travailleur

Voici venu mon premier dimanche soir de travailleur depuis belle lurette . Il est 17:00 (oui j’ai pensé d’avancer mes cadrans) et mon lunch est déjà préparé . Au menu puisque ça vous intéresse, sandwich au thon, poivrons verts et quelques morceaux de cheddar . Le tout sera arrosé d’un bon Sprite frappé . Pour dessert, des biscuits aux pépites de chocolat “Le choix du président” rien de moins . Menoum menoum m’exclamerai-je in petto en dégustant tout ça car il pourrait paraître incongru pour mes nouveaux compagnons de travail de m’entendre m’extasier devant si frugale pitance . Aussi garderai-je pour moi ma sincère appréciation de mon lunch . Je leur réserve mon excentricité pour plus tard, le temps qu’ils se soient adaptés à la vieille bibite hirsute .

Mon souper est déjà en cours . Je dois me résigner à ne plus souper à 21:00 . Je devrais avoir fini de m’empiffrer vers 19:30 .
Mais je devrai subir ce qui me tarabuste le plus de ma nouvelle condition de travailleur à partir de 20:00 en me tapant ” Tout le monde en parle ” afin de pouvoir nourrir la conversation demain matin . Tout en souhaitant que mes condisciples ne soient pas de l’école “Star Académie” . Ça, vraiment je ne pourrais pas . Y’a des maudites limites . Mais je suis inquiet car j’ai constaté qu’il y’ avait plus de lecteurs du “journal de mourial” que d’ abonnés de La Presse dans mon département . La corrélation “La Presse-Radio-Canada” et “journal de mourial-TVA” étant presqu’ automatiquement la norme . Misère ! Y’a rien à faire . Je nourris encore et toujours de sombres préjugés envers les lecteurs du torchon à Péladeau . Y’ a un de mes frères qui lit ça mais lui c’est pas pareil, je l’aime cet ignare . Et mes préjugés sont poussés à leur paroxysme face à des gens qui continuent à encourager malgré le sauvage lock-out le canard du conard .

Toutefois ces sombres perspectives ne m’empêcheront sûrement pas de me lever du pied droit demain matin en débordant d’enthousiasme avant même de me garocher dans la douche . Et j’exulterai quand-même en me glissant dans la foule compacte du métro pour me diriger vers mon bureau . Et je jubilerai quand mon patron viendra déposer devant mon ordi une pile ça d’ haut de factures à traiter avec compétence et dans les plus brefs délais .
Oui ! Je suis un travailleur heureux !

Oups! Correction de 18:30 – Je viens de me rappeler que y’ a Canadiens-Stars ce soir à RDS . D’la marde Tout le monde en parle . Demain, je jaserai avec les gars qui trouveront certainement pertinente ma description du match . Me reprendrai lundi prochain pour les tites madames .

05
mar
09

Oncle Bob défie la crise économique

Tous ceux qui suivent de près l’actualité savent que la ville de Montréal a décidé de sabrer sévèrement dans ses budgets . J’applaudis bien fort Monsieur Tremblay de prendre les mesures qui s’imposent afin de permettre à notre ville de faire face à la crise économique . Car:” crise économique il y’a ” que proclament les experts . Ça doit être vrai .
Une des mesures qu’on a décidé d’appliquer est le gel d’emploi et le non remplacement des postes vacants . Sauf pour certains cas urgents comme le poste névralgique d ‘”agent de bureau au service des finances” .
C’est pour ça qu’on m’a engagé pas plus tard qu’hier afin de relever le défi .
Faut féliciter notre bon maire de pourvoir au plus important en acquérant les services de spécialistes tels votre humble serviteur pour permettre à Montréal et ses 84 arrondissements de traverser la tempête .
Or, j’ai attaqué de front la crise hier en montrant à la femme qui voulait me montrer quoi faire ce qui devait être fait .
Elle n’en revenait pas qu’un “nouveau” puisse en imposer autant en si peu de temps . Entre autre, je lui ai fait remarquer pertinemment que charger 238.00$ pour changer le phare arrière droit du char de police immatriculé xxxxxxxx (secret professionnel) c’était pas assez cher et qu’il devait y avoir une crosse quequ’part . Je vous jure qu’elle est retournée en moins de deux réviser ses factures .

Aujourd’hui en ce jour 2, je leur ai enseigné à tous ces rond de cuirs l’art du combat de “paperclips”. J’ai gagné évidemment .
Demain, je vais leur enseigner l’art du bitchage à la machine à café .
Plus amples détails à venir . Ce soir, je n’ai pas de temps à perdre sur mon blog car je me suis apporté de la job à la maison . Oui la tâche est lourde ! C’est le dossier d’un contremaître de l’arrondissement Rosemont qui m’a tout l’air d’un trafficoteux de première . Je m’en occupe .
P.S.- Sincères remerciements à tous ceux qui se sont démenés pour me trouver une job .

03
mar
09

De l’importance de la communication

Hier 2 mars vers 1:00 du mat, la femme qui est couchée à mes côtés me réveille en me disant qu’elle a mal au ventre . Je lui ai dit :” Tourne toi sur le côté droit et frotte toi le ventre en faisant un mouvement circulaire et pense à autre chose . Tu vas te rendormir ” .  Un vieux truc efficace que m’avait enseigné ma mère . Là dessus, je me suis rendormi . Mais pas elle et insistant, elle me réveille encore :” Ça fait vraiment mal, je pense qu’il faudrait que j’aille à l’ hôpital . ” On aurait dit qu’elle avait envie de brailler . Les femmes sont tellement “feluettes” .  A doit être en plein SPM j’te gage .  Je me suis levé et suis allé lui chercher un verre d’eau pour la calmer . Ça n’a pas fonctionné  et elle a continué à m’achaler avec son histoire d’hôpital . Ça fait que résigné, je me suis habillé et puisqu’il ne semblait y avoir qu’un médecin pour la calmer, je l’ai amenée à l’hôpital .

Heureusement que ça n’a pas été trop long avant qu’ on ne l’examine parce que j’avais pas trop le goût de poireauter  longtemps  à l’urgence . J’étais fatigué moi . Y’ ont décidé de la garder . Coudonc’ peut-être que c’était sérieux son mal de ventre . Finalement, ils l’ont amené dans une chambre et ils l’ont branché d’un peu partout . Là, même si ce n’était pas moi qui avait mal au ventre, j’ai commencé à me sentir un peu concerné . C’est mon côté profondément humain qui ressurgissait .

Un m’ment donné, elle me regarde et me dit : ” On dirait que ça fait plus mal .” Je lui ai dit : ” Je le savais bien que c’était pas grave puis que ça passerait . Enwoueye, on s’en va ! ” Mais elle s’est mise à m’obstiner puis elle avait encore sa maudite envie de brailler au coin de ses yeux de veau mal sevré . J’ai essayé de la raisonner en lui disant qu’on dormirait bien mieux à la maison mais tout à coup [peut-être que c'était du fake, va donc savoir avec les femmes], elle s’est remise à geindre en se tenant le ventre à deux mains . Mais là, l’infirmière est arrivée et  aussitôt après m’avoir fait un air de beu s’est mise à être attentive et évidemment solidaire  envers sa patiente  en lui promettant que le médecin viendrait la voir sous peu . Ça fait que encore une fois, je me suis résigné et j’ ai enlevé mon manteau . Je me suis assis dans le fauteuil à côté du lit et j’ai sorti mon livre de mots croisés .

Tout à coup je me suis réveillé avec la “slick” de bave au coin des lèvres, bras ballants  et le livre de mots croisés et le crayon choyant par terre . Peut bien m’être réveillé parce qu’y avait mon autre qui s’était mis à chialer un peu plus fort  pour être sûre qu’on s’en occupe . Shit, je la connais  juste assez pour savoir qu’elle avait rien que  besoin d’attention . Il faisait jour dans la chambre . Quoi!!! 7:00 du mat ?

Et tout ça n’était en fait que le prélude de la journée d’enfer que je m’apprêtais à passer . Une des pires journées de ma vie . Parce que bon gars j’ai décidé de rester avec elle malgré mon envie de sacrer mon camp . Calvâsse, toute la journée, j’ai eu droit à Jeannette qui pleure Jeannette qui rit (jaune) . Puis ce qui me mettait en beau joualvère c’est que les infirmières avaient l’air de la prendre au sérieux en la dorlotant puis en lui prenant sa pression aux 5 minutes comme si elle était à l’article de la mort . J’ai jamais vu quelqu’un à l’article de la mort mais je suis sûr que ça doit pas ressembler à ce qu’elle avait l’air .

Il est 20:00 . J’ai fini mon livre de mots croisés . 30 grilles de 12 par 12 complétées sauf une  où je ne trouve pas le mot de 3 lettres commençant par A dont la définition est : Perroquet à beau plumage . Je suis pas mal tanné . Puis l’autre commence à être de plus en plus agitée . On dirait que le médecin vient de plus en plus souvent comme s’il trouvait la situation grave . Tabarnouche c’est pas un cancer, c’est  un mal de ventre . En touécas !

Ça y est on est rendu le 3 mars . Au cadran  il est 1:00 . Ça va faire bientôt 24 heures qu’on est à l’hôpital pour un mal de ventre . Ça a pas d’cristi d’allure . On encombre l ‘ urgence pour des niaiseries comme les gens sensés qui écrivent aux courriers des lecteurs le mentionnent souvent . Je suis fatigué pas à peu près .

Tout à coup,  juste comme j’allais apostropher le médecin pour qu’il lui donne des pilules puis qu’on retourne à la maison, v’là t’y pas qu’à se met à chialer plus fort puis que les infirmières décident de la transporter dans une salle d’opération . Là  j’ai eu un doute que c’était peut-être plus sérieux que je ne le croyais .

Et  je me suis senti comme un peu coupable parce que ça avait l’air sérieux sérieux et je m’en voulais de ne pas m’être montré plus compatissant . Je me sentais comme concerné et j’ai demandé au médecin si je pouvais assister à l’opération pour la supporter moralement . “Me semble qu’elle apprécierait ” que je lui ai dit . Il a été cool et m’a dit que oui je pourrais rester avec elle durant l’opération .

Alors ils l’ont piqué avec des aiguilles énormes et ils se sont mis à faire toutes sortes de sparages et tout à coup à exactement 1:43, il s’est produit quelque chose d’extraordinaire . Ça de toute ma vie je n’avais jamais vécu quelque chose d’aussi intense . La femme prénommée Jocelyne avec qui je concubinais  venait de donner naissance à celle qui s’ est avérée ma fille . Aujourd’hui en ce 3 mars 1981, venait de naître ma fille Marjolaine .

J’étais heureux certes . Mais en même temps, j’étais très contrarié . Et cela pour deux raisons .

La première c’était que la p’tite arrêtait pas de brailler et ça perturbait l’ambiance qui aurait dû en être une de sérénité . Me semble qu’un moment aussi sublime appelait le recueillement et une communion trinitaire empreinte de silence interrompu seulement de profonds ahoums . Ça laissait déjà supposer que j’aurais un sérieux travail d’éducation à accomplir avec la nouvelle venue .

Deuxièmement et c’est plus grave encore, j’étais en beau joualvère après ma blonde à cause de son sempiternel problème de communication . Je sais les gars que vous me direz que je n’apprends rien à personne en clamant que les femmes ont de tout temps eu des problèmes de communication . Calvasse, si elle me l’avait dit dès le début qu’elle s’apprêtait à accoucher au lieu de me dire qu’elle avait mal au ventre, je me serais ajusté . CHU PAS UN CAVE TOUT DE MÊME ! En touécas, ça explique que je l’ai quittée quelques années après parce que pour moi, la communication c’est primordial .

Finalement je ne suis pas médecin mais j’avais bien raison en soupçonnant que ce qui provoquait des maux de ventre chez  Jocelyne, c’était le SPM . C’est-à-dire : Le Syndrome  Pré Marjolaine .

Ce soir on se retrouve au resto pour célébrer les 28 ans de Marjolaine et j’ai hâte de lui chanter ” Ma chère Marjo c’est à ton tour “(*) et je n’hésiterai pas à demander à Marjolaine d’exprimer ce qu’elle ressent dans son coeur en ce jour d’anniversaire et de ne pas garder ces sentiments exaltants en dedans car la communication pour moi, y’a que ça !  J’ai hâte de lui donner son cadeau . C’est un billet pour la conférence à la Place des Arts du pape de la communication :  Jean-Marc Chaput  . Je crois qu’elle sera contente .

(*) C’est ma version maison d’un hit de Gilles Vigneault .